Nous sommes tous des figuiers stériles

Où il est question d’un pauvre figuier qui n’avait fait de tort à personne.

Textes :    Marc 11,12-14 ; 20-26
                    Luc 13, 6-9
                    Isaïe 53

Ce jour-là, j’étais anxieux, irascible. Jésus est venu s’asseoir à côté de moi et il m’a pris la main.

« Quelle est la raison de ton angoisse ? » m’a-t-il demandé.

« C’est ce que tu nous as dit tout à l’heure », répondis-je.

« Que vous ai-je dit ? »

« Que notre regard sur l’Autre était faussé, et que nous étions incapables de reconnaître que ce que nous lui reprochons, nous nous en rendons nous-mêmes coupables. »

« Pourquoi est-ce si dur à entendre ? »

« Parce que c’est vrai. La parabole que tu as utilisée, cette histoire de figuier stérile, m’a ouvert les yeux. Je me suis souvenu que pas plus tard qu’hier, j’avais jugé et rejeté un compagnon parce qu’il avait été grossier et agressif. Tes paroles m’ont fait comprendre qu’il était dans le même état d’esprit que moi en ce moment. J’aurais dû voir que ce n’était pas par malice qu’il était agressif et désagréable, mais parce qu’à ce moment-là il était incapable de donner du fruit. J’aurais dû l’arroser et lui donner de l’engrais, pour le relever, l’aider à sortir de sa nuit. Au lieu de cela, je l’ai maudit, je l’ai desséché. » Je baissai la tête.

« C’est souvent ce que nous nous faisons les uns aux autres… », dit Jésus doucement.

« Oui, et c’est parce que j’ai compris cela que je suis triste et désorienté ». Nous restâmes silencieux pendant quelques minutes, puis Jésus dit :

« Plus tard, tu témoigneras de ce que tu as appris aujourd’hui ».

« Oui, Seigneur, je témoignerai », répondis-je.

« Quand tu témoigneras, tu diras que c’est moi qui ai maudit le figuier. »

J’étais choqué, scandalisé ! je me suis levé et j’ai dû crier sous le coup de l’émotion :

« Mais pourquoi ? Ça n’a pas de sens ! C’est toi qui nous ouvres les yeux, c’est toi qui nous apprends à aimer ! Jamais je n’accepterai de salir ton nom ! »

Il dit : « Plus tard, tu comprendras. Saches qu’il est nécessaire que je sois compté parmi les méchants, afin que les écritures s’accomplissent. Je te demande de faire cela pour qu’en lisant ton témoignage, ils restent aveugles et sourds jusqu’aux temps de la moisson. Ainsi, le jour où ils cesseront d’adorer mon image pour enfin écouter ma Parole, celle-ci les atteindra, comme elle t’a atteint aujourd’hui. »

Crédit photo : Max Pixel, CC0

Auteur : Hervé van Baren

Ingénieur, visiteur de prison et engagé en non-violence

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *