St Paul, prophète de l’amour (2)

Une lecture de la première épître aux Corinthiens.

Chapitre 2 :     Le langage de l’Esprit.

"L’homme laissé à sa seule nature
n’accepte pas ce qui vient de
l’Esprit de Dieu"

Le premier chapitre faisait le constat du double fossé qui sépare la cité de Dieu de la cité des hommes : d’une part l’amour et la concorde, et le langage qui va avec ; d’autre part la discorde et l’incompréhension profonde de ce langage, dont Paul nous dit qu’il est aux antipodes du langage humain, basé sur la sagesse et l’intelligence.

Partant de là, Paul fait le constat qu’une approche autoritaire n’a aucune chance de nous ouvrir les yeux. C’est en venant « faible, craintif et tout tremblant » qu’il peut nous révéler la sagesse divine. Or bizarrement, il va faire usage tout au long de l’épître d’un ton autoritaire, sûr de lui, souvent condescendant. La suite revient sur le problème du langage ; celui de l’Esprit est inaccessible à notre sagesse et à notre intelligence, et pour cette raison il est, à ce jour, resté caché aux humains. Or Paul précise que c’est bien ce langage inaccessible qu’il utilise dans l’épître. Il y a donc un message qui nous est invisible, livré dans une langue qui nous est étrangère, et dont il est suggéré qu’elle est à l’opposé des apparences.

1Moi-même, quand je suis venu chez vous, frères, ce n’est pas avec le prestige de la parole ou de la sagesse que je suis venu vous annoncer le mystère de Dieu. 2Car j’ai décidé de ne rien savoir parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié.

Le début du chapitre deux préfigure la forme parabolique qui va suivre. En apparence, Paul rappelle aux Corinthiens les débuts de leurs relations. Souvenons-nous cependant que les Corinthiens représentent, métaphoriquement, l’humanité entière. La conjugaison au passé et l’allusion à des événements révolus cachent la réalité parabolique du passage. C’est au présent et au futur qu’il faut conjuguer ces textes. Paul nous annonce ici avec quel langage il va s’adresser à nous dans les chapitres qui vont suivre.

4ma parole et ma prédication n’avaient rien des discours persuasifs de la sagesse, mais elles étaient une démonstration faite par la puissance de l’Esprit, 5afin que votre foi ne soit pas fondée sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.

Traduits dans le paradigme universel et intemporel, ces versets deviennent : « je vous préviens, dans ce qui va suivre, le fond du message n’aura rien du discours habituel qui séduit les humains. S’il en était ainsi, à cause de ce que je vous ai expliqué au premier chapitre, votre foi ne pourrait pas s’élever vers Dieu. Cette faiblesse, cette douceur qui vous semble ridicule et scandaleuse à la fois, c’est bien une sagesse, c’est cette sagesse divine que vous êtes incapables de comprendre, « mystérieuse et demeurée cachée » (v. 7) ». Cette sagesse est destinée « aux chrétiens adultes » (v. 6), et nous verrons que cette précision fait le lien avec le chapitre 3.

 12Pour nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les dons de la grâce de Dieu.

Nous, c’est-à-dire Paul lui-même et les prophètes qui l’ont précédé. Ce sont les seuls humains qui aient eu accès à cette sagesse divine…

13Et nous n’en parlons pas dans le langage qu’enseigne la sagesse humaine, mais dans celui qu’enseigne l’Esprit, exprimant ce qui est spirituel en termes spirituels.

Et Paul insiste : le langage qu’il va utiliser sera celui de l’Esprit, si difficilement audible pour nous parce que

14L’homme laissé à sa seule nature n’accepte pas ce qui vient de l’Esprit de Dieu. C’est une folie pour lui, il ne peut le connaître, car c’est spirituellement qu’on en juge.

Sommes-nous capables d’entendre ce que Paul va nous dire ? C’est à cette question que le chapitre trois va répondre.

Auteur : Hervé van Baren

Ingénieur, visiteur de prison et engagé en non-violence

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